Qu’est-ce que l’ostéopathie ?

    Étymologiquement Le mot ostéopathie viendrait de la combinaison de deux racines grecques: l'ostéon qui signifie os (ostéo) et pathos qui veut dire souffrance (pathie).

Le terme ostéopathie semble aussi proche, aussi familier, mais devient très obscur, car utilisé à toutes les “sauces” ....Guérir, soigner, remettre en place, remettre bout à bout, rebouter, optimiser, harmoniser, booster, le fluide, le subtil, le fonctionnel, le structurel, le mouvement, la motilité, le jeu, les fascias, le M.R.P " mouvement respiratoire primaire ", la médecine douce, la médecine holistique, etc. Ainsi, il y a autant d’ostéopathes que d’ostéopathies !

Si l’on veut en saisir les concepts fondamentaux il faut “procéder à un nettoyage de la situation verbale” (Paul Valery). Car l’ostéopathie ne peut signifier toutes ces choses à la fois ; cette polysémie complique les débats, et il est nécessaire de faire un travail critique sur le langage d’abord pour démystifier, objectiver, matérialiser l’ostéopathie.

 

Les raisons de ces imprécisions ? La complexité de “ l’Humain “. Ce qui rend le sujet problématique, et devient « Un affreux désir philosophique » ( Paul Valery). Cela entraine la multiplication d’épithètes que l’on accole au terme “ostéopathie” et par conséquent on a tendance à confondre “ l’ostéopathie” avec les manifestations perçues, et interprétées selon les différents acteurs ( En fonction de leurs sensibilités, leurs influences philosophiques ou religieuses ...) Ainsi pour le présumé "père de l'ostéopathie"  "Andrew Taylor Still“ ....I quote no authors but GOD and experience” fin de citation ; de l’expression « l’odyssée du SACRUM »; ou encore « le sacrum serait la base SACREE de tous les maux... » ...!

L'ostéopathie classée comme une médecine "douce, naturelle, holistique, globale", et en opposition à des médecines qui ne seraient que "dures, chimiques, analytiques, cartésiennes !"

    Ainsi, dans notre approche, nous délimiterons notre champ d’étude à ce qui est “Matériel, Observable, Mesurable, et non opérateur dépendant”; et nous proposons une didactique adaptée aux manipulations par un entrainement GESTUEL intensif. Il ne s’agit pas d’exclure les techniques n’ayant apporté pas ou peu de preuves (Le MRP, les thérapies crânio-sacrées, les approches crâniennes fluidiques par exemple) mais de les appréhender en toute connaissance de causes, et en ne conservant que les techniques dont la preuve de l’efficacité a été apportée. (Méthodologie de la main à la pâte)

Gaston Bachelard dans " La philosophie du non " :

" L'empirisme a besoin d'être compris; le rationalisme a besoin d'être appliqué. Un empirisme sans lois claires, sans lois coordonnées, sans lois déductives ne peut être ni pensé, ni enseigné, un rationalisme sans preuves palpables, sans application à la réalité immédiate ne peut pleinement convaincre. On prouve la valeur d'une loi empirique en en faisant la base d'un raisonnement. On légitime un raisonnement en en faisant la base d'une expérience."

Paul. Valery " Nous ne raisonnons que sur des modèles "

L’intelligibilité du complexe se fait par sa modélisation: le sujet étant complexe (l’Humain dans toutes ses dimensions) pour l'appréhender mais dans le respect de sa complexité, nous appuyons notre démarche sur la théorie des systèmes, et nous adoptons la procédure structuralo-fonctionnaliste. (Cf. Liens: La systémique Daniel Durant. Le structuralisme Jean Piaget. La modélisation des systèmes complexes Jean Louis Lemoigne. Wharton Hood On bone-setter).

Schématiquement "La structure, représentée par une forme, qui en se transformant, assure une certaine fonction, en retour, cette même fonction entretient la structure (Homéostasie: concept fondamental pour Claude Bernard et Walter Bradford Cannon)."

LA STRUCTURE?

C'est un ensemble, ou un système organisé dont les éléments sont dépendants et solidaires entre eux. Par exemple, des cellules en interrelations, composant les tissus mésenchymateux. Ainsi du tissu conjonctif, d'origine mésenchymateuse, faisant jonction entre les autres tissus, et constitué par une substance fondamentale, des fibres et des cellules d'aspect très divers. ( http://1libertaire.free.fr/structuralisme02.html )

LA FORME ?

C’est la configuration géométrique de la structure. Le jeu et la dynamique entre ses éléments, permettent la déformabilité, la plasticité, base structurelle de tout mouvement, (articulaire par exemple), et conséquemment de toute fonction.

LA FONCTION ?

C'est l'ensemble d'opérations concourant au même résultat et exécutées par un organe ou un ensemble d'organes (fonctions de nutrition, de relation, de reproduction, etc.). Cela implique une action, donc une activité, dont l’expression peut se manifester par le mouvement sensé (Alain Berthoz " Le sens du mouvement ") : cela peut être l’alternance de flexion/extension du genou lors de la marche; ou une fonction organique : une sécrétion glandulaire, etc. On est au niveau du parenchyme : Les tissus composés de cellules dites “nobles” et assurant la fonction propre d'un organe. La structure génère la fonction, le fonctionnement "ACTIF" entretient en retour cette structure!

En illustration dans l'expérience de Held ( Le carrousel des chatons,1965)



USE IT, OR LOSE IT ! (De la conservation des systèmes vivants) :

L’état constant et l’homéostasie! La fonction première d’un système est sa propre conservation. Un système doit rester dans un état constant, orienté vers un optimum. Or, une des caractéristiques des systèmes qui « fonctionnent » est qu’ils sont tous dans un état de déséquilibre thermodynamique, dans la mesure où ils ne cessent d’échanger de l’énergie avec leur environnement. Ils se retrouvent donc obligés de se maintenir dans un état constant, caractérisé par une relative stabilité au sein même de laquelle existent des déséquilibres provoqués par les flux d’entrées et de sorties. L'image mécanique pour comprendre cette dynamique interne du système est celle du vélo qui doit avancer pour être en état d'équilibre dynamique.

Dans notre approche, nous considérons que les DYSFONCTIONS sont dues de façon générale à des modifications réversibles des caractéristiques du TISSU CONJONCTIF. Nous précisons qu’il s’agit d’une HYPOTHÈSE permettant d’organiser à la fois notre démarche clinique mais aussi notre prise en charge manuelle. Il s’agit donc d’appréhender les plaintes du patient, en déterminant les mécanismes STRUCTURELS sous-jacents qui pourraient être à la source de DYSFONCTIONS. Quand ces DYSFONCTIONS entrent dans le champ de nos compétences, nous mettons en place des traitements appropriés au moyen de techniques STRUCTURELLES manuelles, et en prodiguant des recommandations FONCTIONNELLES précises, quantitativement et qualitativement, ne pouvant se réaliser que par la participation ACTIVE du patient.

CHAMP D’APPLICATION:

On aborde toutes les indications médicales lorsque celles-ci sont réversibles. (Plasticité, Homéostasie). Si l'indication est irréversible (en cas de maladies dégénératives, maladies génétiques, maladies infectieuses, fractures...) notre intervention est plus palliative, et complémentaire. Ce qui nécessite un travail en équipe avec les différents acteurs de la santé, Médecins, Kinésithérapeutes, Orthoptistes, Orthophonistes, Psychomotriciens, Psychothérapeutes, Podologues, Educateurs en éducation physique et sportive, Préparateurs physiques, etc. Comme toute action thérapeutique, nous avons des limites. (Réversibilité, accessibilité manuelle). Les manipulations ne remplacent ni les traitements médicaux lorsqu'ils sont nécessaires, ni la chirurgie lorsqu'elle est indispensable. Concernant les techniques manipulatives; la science est aujourd’hui dans l’incapacité de pouvoir expliquer physiologiquement leurs actions, mais définie leurs portées cliniques avec beaucoup de précision.

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